Dialogue social : il faut sauver le soldat ES

engrenageNous le disons depuis des mois, la situation est très alarmante chez ES et les ingrédients d’un conflit social majeur sont réunis. La direction mondiale et européenne d’ES reste sourde aux appels à la responsabilité vis-à-vis de ses salariés et les préannonces d’une externalisation en France ne font que jeter de l’huile sur le feu.

Faute d’un véritable dialogue social dans les plus brefs délais, la situation risque de devenir incontrôlable et nous n’aurons d’autre option que de continuer à nous opposer par tous les moyens au passage en force d’un projet socialement irresponsable.

Nous appelons donc la direction à ouvrir sans tarder les négociations pour un accord de méthode afin de trouver une solution satisfaisante pour tous.

De l’inquiétude à la colère

Nous ne croyons plus depuis des mois aux engagements des dirigeants d’ES, alors qu’il s’agit de préserver le formidable capital humain que représentent les dizaines de milliers de salariés de ce business.

Grâce à l’action déterminée de vos élus CFE-CGC, en première ligne depuis Mars 2015, plusieurs projets toxiques et néfastes avaient été annulés ces derniers mois en France. Mais le danger est loin d’être écarté :

  • Le rouleau compresseur des délocalisations est en marche depuis des années à ES, mais la vitesse supérieure a récemment été passée. Peu importe qu’il faille perdre du business en cours de route, peu importe qu’il faille broyer de l’humain au passage, peu importe qu’il faille perdre des compétences critiques qu’il sera difficile de reconstituer, peu importe qu’il faille bafouer les lois dans différents pays, dont la France. Le plus important pour les dirigeants d’ES est de couper les coûts à tout prix en délocalisant ou en externalisant tout ce qui peut l’être, et le plus rapidement possible. Avec un objectif clair et affirmé : ne laisser au maximum que 10% des activités dans les pays dits à « coûts élevés ».
  • Les coupes dans les effectifs de nombreux pays se sont multipliées ces derniers mois, et les managers français d’organisations internationales ont été contraints et forcés d’annoncer à de trop nombreux collègues européens qu’ils perdaient leur emploi.
  • Les récentes annonces chez nos collègues Allemands et Belges montrent que la « divestiture » (comprenez : « l’externalisation ») évoquée par notre PDG lors des récents coffee-talks, semble bien être la piste privilégiée par nos dirigeants européens pour se débarrasser des salariés ES qui ne sont plus selon eux dans les « priorités business » d’HPE. Les slides envoyés par le management de HPE ES Belgique à leurs salariés sont précis et chiffrés : 225 salariés seraient menacés de licenciement ou de transfert forcé chez un partenaire, soit 17% du total des effectifs HPE du pays. Cela représente 25% des effectifs d’ES, dont 14% en WFR et 11% de transferts chez HP CDS. Il ne s’agit pas cette fois d’une déclaration d’intention, comme dans le cas allemand, mais bien de l’annonce pour exécution d’un plan d’action concernant un nombre très significatif d’employés, à l’échelle du pays.

La CFE-CGC HPE plus que jamais mobilisée

Depuis toujours, la CFE-CGC se mobilise pour préserver les emplois et permettre aux salariés impactés par des suppressions de poste de se repositionner, ou bien de concrétiser des projets hors de l’entreprise quand cela est choisi librement et volontairement.

Notre détermination est intacte : la CFE-CGC n’est pas restée, ne reste pas et ne restera pas les bras croisés face à ce qui s’annonce déjà comme un massacre des compétences et un énorme gâchis humain (ES compte plus de 1.000 salariés HPE en France).

Ces derniers mois, ont ainsi été déclenchés :

  • un délit d’entrave au CE HPCCF, qui peut passer à tout moment en justice
  • un SBC
  • un droit d’alerte au CE HPF et au CE HPCCF

Nous continuons aujourd’hui à résister aux délocalisations programmées par la direction ES, en refusant par exemple l’inscription à l’agenda du CE HPCCF de tout projet de réorganisation ES, tant que la Direction n’aura pas présenté clairement sa stratégie.

Nous instruisons également un dossier de contestation de tout projet d’externalisation d’activité par fonds de commerce.

Agir avant qu’il ne soit trop tard, nous sommes tous concernés

Nous appelons instamment la direction à ouvrir une « négociation » pour étudier comment gérer en France les conséquences de la stratégie ES et des annonces mondiales de 30.000 suppressions de postes, car la France sera forcément directement ou indirectement touchée.

Les outils existent : mobilité GPEC, GPEC Out volontaire, plan de pré-retraite, etc.

La direction affirme qu’une externalisation vaut mieux que le chômage. Mais nous ne voulons pas laisser les salariés choisir entre la peste et le choléra, ni laisser croire qu’un repreneur philanthrope pourrait comme par enchantement régler les problématiques de la pyramide des âges et du développement des compétences, qu’HP a été incapable d’adresser jusqu’à présent.

Pour qu’un projet d’externalisation puisse être accepté par les salariés, il faudrait qu’HP impose des engagements majeurs à un éventuel repreneur (mais cela est-il possible ?), et évite de négocier dans leur dos.

Nous appelons par ailleurs l’ensemble des organisations syndicales HPE à s’unir et agir dès maintenant contre les projets néfastes pour les salariés HPE. Ne donnons aucune occasion à la direction ES de profiter d’éventuelles divergences syndicales pour mieux imposer ses projets, au niveau français comme au niveau européen.

Il y a une dizaine de jours, la CFE-CGC a activement participé à une réunion de concertation syndicale pan-européenne sur ce sujet. Les syndicats européens UNI et IndustriAll ont apporté leur soutien aux syndicats nationaux HPE et HPI actifs en Europe, et un certain nombre d’actions ont été évoquées.

Nous appelons l’ensemble des salariés à rester vigilants et mobilisés. Votre concours est précieux, et c’est grâce aux informations remontées par des salariés d’ES que nous avons réussi à empêcher le projet de « bench d’exclusion sociale » que les dirigeants d’ES EMEA voulaient mettre en place.

L’année FY16 sera l’une des plus chahutées que nous ayons connues depuis longtemps : prenons notre avenir en main tous ensemble !