La scission ES / CSC analysée par un expert

Au cours de la réunion du Comité de Groupe de ce lundi 7 novembre, l’expert mandaté (Sextant) a présenté son analyse de la scission ES / CSC.

Force est de constater que les justificatifs business présentés par la Direction semblent être secondaires, eu égard à l’évidente priorité donnée aux intérêts à court terme de nos actionnaires. Au global, la viabilité de ES Newco en France semble à ce stade juste suffisante pour FY17 et FY18, mais un niveau de croissance significatif et pérenne nécessitera des efforts supplémentaires en termes de staffing (commerciaux, RH,etc.).

Un constat initial plutôt simple

Parmi les aspects évoqués par l’expert au Comité de Groupe :

  • On rappelle en préliminaire que les groupes très diversifiés subissent une décote boursière de 20-25% (appelée le « discount congloméral»), qui correspond au fait que les actionnaires préfèrent diversifier leur portefeuille plutôt que de voir les entreprises assurer cette diversification. Il n’y a que les diversifications modestes, assurant des gains de synergie, qui sont bien perçues par la bourse.
  • On remarque ensuite que beaucoup d’acquisitions HP de ces dernières décennies (Compaq, Snapfish, Scitex, Peregrine, Mercury, EDS, 3Com, Palm, 3Par, Arcsight, Vertica, Autonomy) font long feu, dans le sens où ces activités sortent ensuite partiellement ou totalement de l’entreprise.
  • On constate enfin en parallèle que la redistribution aux actionnaires est multipliée par deux par rapport aux distributions que faisait le groupe HP historique, en particulier grâce à :
    • des dividendes spéciaux en cash : 1,5 Milliards de $ de dividendes en cash pour versés dans le cadre de la scission ES-CSC, et 2,5 Milliards de $ de cash pour SW-MicroFocus
    • des participations majoritaires aux capitaux des nouvelles entreprises : 4,5 Milliards de $ de participation majoritaire au capital de CSC et 6,3 Milliards de $  de participation majoritaire au capital de MicroFocus

Ces considérations simples apportent un éclairage factuel concernant le processus de vente à la découpe que nous subissons. En regard, l’ « agilité business » évoquée par la direction semble être une justification a posteriori, ce qui ne nous rassure pas concernant la pertinence, voire l’existence, d’une véritable stratégie business.

Analyse financière  : une convention de trésorerie à mettre à jour

En synthèse de ce sujet, assez technique : la valorisation des cessions de fonds de commerce de ES, de l’immobilier et de l’actif net fera apparaître des flux de trésorerie futurs qui seront globalement positifs pour HPE en France (~30 M€).

Mais les charges semblent plutôt élevées pour ES NewCo en France, et l’expert recommande donc la rédaction d’une convention de trésorerie adaptée entre HPE et ES NewCO.

Parmi les aspects sociaux évoqués

Du point de vue social, les principaux points d’attention soulignés sont ;

  • la pérennité des petits sites ES, qui semble en risque, car CSC concentre ses sites
  • une part significative du travail des salariés « partiellement dédiés » ne serait pas transférée chez ES, engendrant une possible sous-charge post-scission côté HPE
  • des critères, un processus et un calendrier de détourage qui induisent des risques: les salariés concernés devraient avoir leur mot à dire

En conclusion

  • ES possède une organisation propre qui permet de définir clairement son périmètre opérationnel, mais un renforcement des fonctions RH et de la direction de Newco sera nécessaire.
  • La situation financière prévisible de Newco serait juste suffisante pour absorber les pertes prévisibles en FY17 et FY18. Un niveau de croissance significatif et pérenne sera indispensable, ce que la diminution des effectifs commerciaux en FY16 ne laisse pas augurer.