Le dernier plan social de Meg

Meg WhitmanQuel message notre CEO a-t-elle envoyé aux salariés français, lors de sa prestation d’hier, à Paris ? Tout d’abord que nos résultats sont excellents. Dont acte.

Ensuite, à notre question directe, elle a répondu que ce plan social serait le dernier… avant celui que pourrait faire l’éventuel(le) prochain(e) CEO. Dont acte.

Mais ce n’est pas très original, puisque les salariés entendent cela à chaque WFR majeur.

Elle nous a également expliqué que HP rétrécit (« we shrink ») depuis des années – constat évident – alors que son mandat est de faire croître la société. Elle se verrait donc contrainte de continuer à supprimer des dizaines de milliers d’emplois dans le monde, afin d’alléger la « cost structure ».

En attendant, nous sommes priés de continuer à rentrer le business.

Le discours de notre CEO avait commencé par des louanges à la France, car notre pays est exemplaire en termes de résultats. Nous avons pris bonne note de cela, dans l’espoir que le plan social va nous être épargné.

 

Ensuite Meg nous a dit qu’elle n’avait pas peur de Wall Street… mais que nos clients regardent le cours de notre action pour savoir s’ils peuvent travailler avec nous. Donc, si notre CEO s’intéresse à ce sujet, ce serait pour nous faciliter le business (?). Mais cela revient au même, c’est à dire que la priorité restera l’actionnaire.

 

Meg nous explique aussi qu’elle veut faire croître les deux sociétés, puisqu’elle reste aussi chairman de HPI, mais qu’elle se voit tout de même contrainte à continuer de réduire les coûts, c’est à dire à continuer de licencier. Les salariés apprécieront cette logique (employés = coûts).

 

A la question de savoir si HPE et/ou HPI pourraient être revendues, elle a répondu « pas si elles performent ». En clair, elle nous a dit de continuer à travailler dur, en laissant le board s’occuper de notre avenir.

 

Pour le reste, il s’agissait surtout de redites. Pour finir, à la question cruciale de savoir quel serait l’impact concret pour la France en termes de licenciements, Addie Van Rooij, manager HR EMEA, nous répond qu’il n’en sait encore rien, mais que cela se ferait dans le respect des législations locales. Merci d’être venus.

Pour la CFE-CGC ces méthodes de management et de communication sont d’un autre âge, et on en connaît les limites.

A défaut de s’intéresser un peu plus au véritable capital de l’entreprise, à savoir les femmes et les hommes qui la composent, nous pensons que cette absence de véritable vision d’avenir et ce discours convenu au bénéfice de l’actionnaire, ne sont pas de nature à redonner à notre entreprise le souffle dont elle a besoin.

Nous risquons au contraire de perdre ce qui faisait notre force, c’est-à-dire notre conscience professionnelle et notre motivation au quotidien.

En résumé, ce pep-talk à l’américaine n’a pas eu un fort pouvoir de conviction. A défaut d’avoir un pilote humain dans le board, il semble que nous naviguions aux instruments, avec la bourse en guise de GPS.

Cette prestation sera rejouée dans les autres pays de la zone EMEA, dans les jours à venir.