Projet de split vers CSC – Eviter la casse sociale

et permettre à tous les salariés d’être acteur de leur avenir.

C’est un véritable coup de massue qu’ont reçu mercredi matin les salariés ES mais aussi tous les salariés HPE. Quand donc les dirigeants mondiaux d’HPE arrêteront ils de démanteler le « One-HP » ?

Au-delà de l’émotion énorme que suscite ce projet, nous devons nous mobiliser une fois de plus pour envisager toutes les options en ayant un objectif majeur : comment permettre à tous les salariés d’envisager l’avenir le plus positivement possible.

Nous revenons dans ce Flash sur le projet tel qu’il se dessine, la téléconférence qui s’est déroulée hier avec la Direction HPE, les premiers contacts que nous avons eu avec nos homologues à CSC (la CFE-CFC est le principal partenaire social à CSC SAS avec 7 élus sur 11 au Comité d’Entreprise) et les principaux enjeux que nous voyons pour les semaines à venir.

L’essentiel : restons mobilisés, tous ensemble, pour être acteurs de notre avenir.

Il est urgent de clarifier la stratégie

L’émotion reste immense en cette fin de semaine après l’annonce de mardi soir et elle n’est pas prête de retomber. Contrairement à ce que nous a dit Gérald Karsenti lors d’une réunion d’une bonne heure avec 83 élus HPEF et HPECCF, la nouvelle du split-fusion de ES vers CSC n’est pas vécue spontanément comme positive et porteuse d’avenir.

Au-delà du choc violent de cette annonce, les salariés nous le disent clairement : en attendant de connaitre le contenu détaillé du projet de split-fusion, il faut que la Direction d’HPE précise très rapidement quelle est la stratégie pour la France. En espérant qu’il y ait une véritable stratégie ! Comment ne pas se poser la question alors que la création d’OTS par exemple vient tout juste de démarrer et que son développement devait être lié notamment aux interactions avec les autres business d’HPE.

Gérald Karsenti voit dans le split-fusion des côtés positifs : des complémentarités entre les offres de CSC et celles de ES pour constituer le 3-ième acteur mondial dans le domaine des services, un positionnement plus rassurant pour les partenaires services des autres business HPE qui voyaient souvent en ES un concurrent. Cette vision nous semble très optimiste, même si elle n’est pas totalement dénuée de sens, et semble procéder un peu de la méthode Coué. La stratégie déclinée il y a quelques mois à peine était de valoriser au maximum les synergies entre tous les business et ES avait parfaitement sa place au sein d’HPE.

Il nous paraît clair que le projet est avant tout dicté par les actionnaires qui voient des perspectives financières intéressantes pour eux. Et les salariés ? Ils ne font visiblement pas partie de leurs préoccupations …

Mettre toutes les options sur la table

La Direction nous dit « il n’y a pas le choix, c’est mondial, la France ne peut pas y échapper, ne perdons pas de temps à lutter contre un projet inéluctable comme le split avec HPInc ».

Nous disons : rien n’est inéluctable et nous voulons d’abord discuter de toutes les options. Bien sûr la France n’est pas totalement indépendante dans le monde HP mais le projet OTS démontre à lui seul que la France n’est pas toujours obligée de suivre le reste de la corp. Nous voulons une stratégie qui soit porteuse d’avenir pour tous les salariés d’HPE, ceux d’ES bien sûr, ils sont les premiers visés par ce projet, mais aussi tous les autres. La Direction doit nous présenter une stratégie qui prenne en compte les attentes des salariés et pas que celles des actionnaires.

Et si le projet devait être mis en œuvre en France même partiellement, nous serons extrêmement exigeants comme nous l’avons toujours été pour tous les autres grands projets à HP puis à HPE pour défendre au maximum les fondamentaux pour les salariés : l’emploi, le lieu de travail et le statut collectif.

Le temps est déjà compté

La Direction est pressée. Elle nous dit « mars 2017 au niveau mondial cela signifie janvier 2017 pour la France, regardez ce qui s’est passé pour le split HPInc ». Nous disons « ne confondez pas vitesse et précipitation et prenez les engagements qui s’imposent pour permettre aux salariés  de croire en leur avenir dans HPE ou en dehors d’HPE ».

Nous n’hésiterons pas, comme lors de la scission avec HPInc, à user de tous les moyens légaux pour forcer la Direction à prendre en compte les aspirations des salariés qui en ont assez d’être baladé par les actionnaires.

Ce n’est pas comme la scission avec HPInc

La Direction fait la comparaison avec la scission HPInc. Nous disons qu’il y a d’énormes différences. En effet dans le cas du split HPE/HPINc :

  • Les salariés conservaient la culture HP des 2 côtés,
  • Il n’y avait pas de gros risque sur l’emploi,
  • Le lieu de travail était préservé
  • Le statut social globalement maintenu y compris la convention de la métallurgie
  • Et la CFE-CGC avait en plus obtenu la prorogation de l’accord GPEC jusqu’en octobre 2018

Dans le cas du split-fusion avec CSC, beaucoup d’incertitudes et de risques existent :

  • Le choc des cultures d’entreprises aura lieu
  • Les risques sur l’emploi à moyen terme sont considérables (sur HPEF et sur HPECCF)
  • Des questions sur le lieu de travail vont se poser
  • Le statut social risque d’être bien chahuté
  • Les accords comme celui sur la GPEC ne vont perdurer qu’un temps

Nous demandons un projet où les salariés ont leur mot à dire

Il y a quelques mois la Direction nous disait pour le périmètre des activités finalement regroupées au sein OTS qu’elle n’envisageait pas une externalisation forcée et que si externalisation il devait y avoir elle serait de toutes les façons au volontariat.

Nous disons à la Direction : construisez une stratégie et un projet qui soient porteurs d’avenir afin que les salariés y adhèrent volontairement, ou bien laissez les choisir de rester à HPE ou de quitter volontairement l’entreprise.

Nous allons même plus loin : si le projet de la Direction ne devait pas convaincre les salariés, pourquoi ne pas étendre le volontariat de la GPEC OUT, entre départs et permutations les salariés d’ES pourraient avoir plusieurs choix.

Des informations sur CSC

Nos collègues de CSC ont appris la nouvelle comme nous, cette semaine. Et le choc a été brutal aussi.

En France, les salariés de CSC sont répartis dans deux sociétés : l’entité CSC SAS qui compte environ 1850 salariés et l’entité CSC Financial Services avec 350 salariés environ. CSC comptait encore 90.000 salariés  dans le monde il y a quelques années, aujourd’hui ils sont environ 70.000 avec un split d’une partie des activités aux USA. Comme nous, les salariés sont soumis à des directives drastiques de réduction des couts principalement en réduisant la masse salariale . Avec un PSE en cours depuis décembre sur les fonctions support ,contrôle de gestion, paie, comptabilité fournisseurs, graphismes. Comme à HPE, ils sont sous la pression d’une stratégie de délocalisation entamée il y a déjà quelques années. Un centre de compétences a notamment été créé à Prague.

Nous sommes en contact avec nos homologues CFE-CGC à CSC SAS (la CFE CGC y est le syndicat majoritaire avec près de 50% des voix et 7 sièges sur 11 au Comité d’Entreprise). Des échanges avec les représentants des salariés, nos adhérents respectifs et plus largement tous les salariés concernés sont en cours de discussions. Nous vous tiendrons bien sûr informés.

C’est donc avec la CFE-CGC CSC et aussi toutes les autres organisations syndicales qui le voudront, que nous allons pouvoir échanger énormément sur les domaines comme les activités business, les sites (le plus gros site se situe à la Défense, un déménagement d’une tour à une autre a eu lieu il y a quelques mois et les locaux ont été réduits, plusieurs centaines de salariés aussi à Toulouse) et le statut collectif (accord d’entreprise, structure salariales, etc.). Pas très rassurant tout de même : depuis 3ans, le DRH a changé 4 fois et le directeur financier a aussi changé .

Tous ensemble pour être acteurs de notre avenir

Sur HPE aujourd’hui, ce sont environ 1.300 salariés dont 1.000 sur HPEF et 300 sur HPECCF (CMS est passé dans EG il y a quelques mois). Les effectifs des salariés ES visés par le projet de la Direction sont basés notamment sur  :

  • Lille 23
  • Strasbourg 48
  • Fussy 29
  • Nanterre 545
  • Boulogne 59
  • Les Ulis 135
  • Villefontaine 111
  • Grenoble 234
  • Toulouse 55
  • Mougins 35

Il est important que nous soyons tous mobilisés pour que le projet de la Direction soit clarifié, discuté, amendé si nécessaire et permettre à chacun d’avoir des perspectives d’avenir. TOUS ENSEMBLE reste plus que jamais d’actualité.

Cordialement,

L’Equipe CFE-CGC HPE